Categorie | Humeurs

Seun Kuti : au nom du père

Seun (Prononcez “Chéoun” et non à l’anglaise), le plus jeune des trois fils du père de l’Afrobeat, a dernièrement sorti « Many Things », un premier album unaniment apprécié par la critique.

Et quoi de plus normal tant les similitudes vocales avec son défunt père sonnent dès la première écoute. Une véritable réincarnation de Fela se retrouve dans cet opus énergisant, avec une fougue estampillée Kuti. Africa forever.

Mais que vaut le rejeton sur scène ? Lors de l’une de ses trois dates françaises – séance de rattrapage à venir lors de sa tournée estivale -, nous avons été voir celui qui accompagnait son père sur tous ses concerts, jusqu’à sa mort en 1997. Seun n’avait alors que 15 ans. Mais pas de doute, il a hérité du charisme de Fela. C’est donc “naturellement” qu’il devient le leader d’Egypt 80. Quand il lève l’index, les 12 membres du groupe enchaînent à l’unisson. Maestria quand tu nous tiens…

Quand ce jeune homme au corps de félin – avec un corps musclé qui rappelle (encore) Fela – s’empare du micro, on ne peut que battre la mesure. Sa voix intériorise la misère et les souffrances de l’Afrique. Il la dénonce avec des textes forts. Son corps se déhanche alors de toute part. Comme s’il fallait que Seun évacue ce trop-plein de misère qui touche son continent.

Ses solos au saxophone distillent un vent d’euphorie à un public peu habitué à voir une telle intensité scènique. Tout l’espace est occupé, de la section cuivre sur la droite aux percussions à l’opposé. Les deux choristes féminines qui bougent au rythme de l’afrobeat font le bonheur de photographes, plus intéressés par leur booty shake que par le musique envoûtante de Seun et d’Egypt 80.

En sueur après une heure et demie de show, ce génie scénique âgé de seulement 25 ans finit torse nu. On aperçoit alors son tatouage qui couvre le haut de son dos musclé : «Fela Lives». Tout est dit.

Crédit photo : David Commeillas

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Article ecrit par:

Thomas


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