-M- a du cœur. Vrai. Les Charrues ont perdu Jean-Philippe Quignon, leur emblématique co-fondateur. Très proche des Charrues et révélé ici, Matthieu Chédid lui a offert un poignant hommage sur La bonne étoile avec l’orga à ses côtés, et la foule briquets et téléphone allumés. « En regardant les étoiles, j’ai vu dans le ciel, quelque chose qui brille, brille, brille… ».

Hanni El-Khatib a fait un solo de piano. Faux. Mais en voyant un Roswell gonflé à l’hélium se taper une vache en levrette, au bout d’un mât de 5 mètres, il a souri et lancé un « check up » au public avant de partir dans un solo… de gratte.

La Femme a fait un rappel sur une planche de surf. Vrai. L’un des claviers était en short de bain sous le cagnard. Dans la foulée, un festivalier prend le le relais, tient 15 secondes avant de montrer son boule. Acclamation.

Les festivaliers des Charrues sont plus écolos que les autres. Faux. Comme partout ailleurs, l’argument ‘développement durable’ est décliné à toutes les sauces. Louable et hypocrite, à la fois. Car le camping reste un paysage de désolation. On s’est fendu d’une remarque pour chambrer un festivalier qui venait de balancer sa canette par terre. Nous : « Sois un peu écolo, l’ami ». Lui : « Moi, écolo ? Non, alcoolo ». Tout est dit. Aux Charrues, on considère souvent que l’eau, c’est pour les poissons.

Oxmo se met à l’électro. Vrai. Il est loin le Puccino du « Lipopette bar » aux reflets jazzy. Chaud comme la braise, heureux comme un gamin dans un manège, c’est un rappel de furieux imprévisible qu’a offert le MC. Accents disco et électro puisée dans la French Touch devant des Charrues en transe : oui oui, on parle bien d’Oxmo.

Alt-J a entamé son set avec Tyga à fond et l’a bouclé sur TNGHT. Vrai. Les gars de Leeds ont pris du coffre et semblent enfin kiffer la scène. Certains membres du groupe étaient même pieds nus. Grands fous.

Busy P a profité de son passage à Carhaix pour proposer aux organisateurs de faire jouer Daft Punk dans le camping 6 l’année prochaine. Faux. En revanche, le boss d’Ed Banger s’est amusé comme un petit fou devant une scène Kerouac bouillante. Un set convaincant où le Pedro a évité pas mal de facilités.

Une association LGBT a porté plainte contre Rammstein. Faux. Mais les délires sado-maso et les bains de sperme offerts généreusement au claviériste et au public semblent encore faire rire Till Lindemann et sa bande. Dommage, jusque-là c’était très bien. Grotesque mais très bien.

Neil Young est un homme patient. Vrai. Morceau d’intro : 15 minutes bien tassées. Premier mot au public : 1h40, environ. Beaucoup attendaient le Neil Young, époque « Harvest », avec la gratte sèche et l’harmonica. Oui, mais sur l’affiche, c’était bien noté « Neil Young & The Crazy Horse ». Mais avec de la patience, on a eu droit à la totale : de l’électrique et la magie de l’acoustique. Avec cette voix. Putain, cette voix…

Elton John a été aperçu en train de manger des moules-frites à Binic ce week-end. Faux. La diva anglaise, qui soigne ses intestins, sera par contre là l’année prochaine. En attendant, Bruel a fait les yeux doux à Glenmor. Et c’était bien mieux que Lavoine (qui, au passage, a une fâcheuse tendance à se tripoter quand il chante).

The Roots aiment Guns’n’Roses et Led Zep. Vrai. Dans un show de patron, le crew a repris plusieurs standards inattendus, dont Immigrant Song de Led Zeppelin, Move on up de Curtis Mayfield, Donna Summer et les Guns’n’Roses.

Versailles et slam sont compatibles.Vrai. Au terme d’un show qui confirme (s’il en était besoin) que Phoenix est devenu une machine de guerre scénique, son chanteur Thomas Mars a pondu un slam de la régie à la scène. Même quand on vient de Versailles, on aime le slam. Tout fout l’camp.

Défoncer quarante barrières en une fois, c’est possible. Vrai. Palme d’or à ce mec qui, samedi à 16h30 avec 5 grammes, a réussi l’exploit de se vautrer sur le dispositif d’entrée du camping. Avant de se raviser, souriant et clope au bec, et de regarder les agents de sécu remettre tout en place. A l’aise.

Crédit photo : The Roots © Christophe Crénel