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Sleaford Mods, histoires abstraites d’un punk

Ils sont deux et ravivent un certain esprit punk qui n’a donc pas complètement fini derrière les vitres d’un musée. Depuis 8 ans, Jason Williamson mène Sleaford Mods dans la moiteur des caves de 20m² qui sentent la bière à dix mille. Remarquez, on a toujours trouvé plus de liberté et de place dans une cave punk que sur toutes les « Place de la Liberté » du monde.

Le duo est composé de Jason Williamson aux textes et Andrew Fearn sur la partie musicale (qui a remplacé en 2012 Simon Parfrement présent sur les quatre premiers albums). La formation se crée à Nottingham, une ville principalement connue pour être juste à côté de la forêt de Sherwood qui a abrité Robin des Bois, symbole magnifique, vêtements sales et capuche de hooligan sur la tête, qui volait le pain des riches pour le donner aux pauvres. Une histoire qui marche toujours lorsque Hollywood est en rade de scénarios (rien de personnel, R. Crowe).

C’est pas de la musique

« Des mecs qui font de la musique sans vraiment savoir en jouer. » Voici comment le groupe belge Mountain Bike caractérisait avec humour le garage et par extension toute attitude punk en musique (dans notre interview de janvier 2015). Dans notre cas, on pourrait dire que les textes de Sleaford Mods s’inspirent des milieux qui « ne font pas de la musique » pour une partie grand public : Jason Williamson cite Guns N’ Roses, les rave parties, le black metal et le Wu-Tang Clan comme grandes inspirations.

Puis, en mai dernier, on tombe sur une annonce de prog du toujours pertinent festival islandais Iceland Airwaves. Après Battles, Beach House, Sophie, Skepta et Future Brown, le nom de Sleaford Mods apparaît et nous laisse, curieux et excités de cette potentielle grande découverte. Un tour sur la plateforme rouge de vidéos, et hop, on découvre cette « poésie punk-hop » comme le diraient nos confrères de Mowno. Un storytelling au fort accent anglais plus progressif qu’agressif, dira-t-on. Post-punk music.

Notre apprentissage continue jusqu’à ce jour béni du 18 juillet 2015 où on a rencontré le grand monsieur du disque belge Lefto. Programmateur à Dour, disquaire, animateur radio à ses heures, il est ce Gilles Peterson national que tout pays devrait avoir. On lui a demandé quels seraient selon lui les artistes les plus Dour-compatibles (comprendre : rebelles, punk, décalés, mais des vrais, pas ceux de la page Insolites de Paris Match). A cela, il nous a répondu trois noms : Public Enemy (OK), Rage Against the Machine (OK) et Sleaford Mods (carrément ?).

Notre intérêt allant en grandissant, on s’est ensuite rendus compte qu’on avait une semaine de retard sur la sortie de leur nouvel album Key Markets, le 10 juillet chez Harbinger Sound (vinyl, CD et digital). Deux extraits (qui sont le prétexte de cet article) sont même en écoute sur Soundcloud. On se met en ce moment sur le reste de l’album et on adore.

Chaque morceau, chaque disque, chaque découverte en musique a son histoire. C’était la nôtre, vous aurez la vôtre.

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