Proche de Chloé et membre active du Pulp, Delphine Palatsi alias Sex Toy est décédée il y a dix ans tout juste. Retour sur le parcours fulgurant d’une DJette qui a secoué un univers jusque-là typiquement masculin.

Il y a un an, on connaissait Sex Toy de nom, rien de plus. Un nom à la dérive dans nos caboches de consommateurs de beats. Puis vint ce jour humide et froid de novembre 2011, à Lorient. Ce jour-là, on interviewe Chloé.

Dans son hommage aux femmes qu’elle adule, Chloé évoque « Delphine », alias Sex Toy, avec qui elle a formé le duo Dirty Crystal. Dans la foulée, on creuse le sujet. On découvre alors un personnage majeur de la culture techno naissante de la fin des années 90. Plus qu’une agiteuse de clubs, Sex Toy est, à l’instar de Miss Kittin, le symbole d’une génération de femmes de platine décidée à montrer que la techno n’est pas qu’une histoire assaisonnée à la testostérone.

A la fin des années 1990, dans les entrailles du Pulp, célèbre temple lesbien de l’électro qui a aussi vu naître les Scratch Massive, Sex Toy joue aux côtés d’Ivan Smagghe, Jennifer Cardini ou Chloé, justement. Une poignée d’activistes regroupée derrière l’étiquette Kill The DJ. Un nom qui en dit long sur l’état d’esprit de la troupe, bien plus efficace que les discours éculés sur la cause lesbienne.

2002. Une crise cardiaque emporte DJ Sex Toy. Boulevard Poissonnière, le Pulp, lui, ferme ses portes cinq ans plus tard, suite au rachat de l’immeuble par un promoteur, au grand désarroi des amoureux de ce club libertaire. Aujourd’hui, même si sa deuxième maison n’est plus le rendez-vous préféré des filles de Paris, la pensionnaire hédoniste du Père Lachaise peut être fière : sa famille s’est agrandie (George Issakidis, Clément Meyer, Battant, Jason Edwards…). Aux quatre coins du globe, au bout des doigts de Jennifer, Chloé ou Ivan, le visage tatoué de Sex Toy illuminera toujours les fins de nuit.

Velvet, dernier morceau composé par Sex Toy (avec Jennifer Cardini, sous le nom Pussy Killers).

Crédit photo : Olivier Bardina.