New Order : un final de champions
Ca faisait désormais 12 ans que les footeux de l’Olympique Lyonnais jouaient la ligue des champions. Loupé pour la saison prochaine. Heureusement les Nuits Sonores avaient eu le nez fin. Pour consoler les supporters forcément déçus un soir de dernière journée de Ligue 1, ils avaient dégotté les influents New Order en concert de clôture, 23 ans après leur dernier passage local pour l’inauguration du Transbordeur. Sûr qu’en invitant des fans de Manchester United après le titre des rivaux historiques de City, ça risquait de créer des atomes crochus en terme de déception.
Un an après la jolie prestation de Chilly Gonzales, les Mancuniens avaient donc un défi de taille : rendre le final des 10 ans des Nuits Sonores plus intéressant qu’une soirée multiplexe de fin de championnat. Pas gagné d’avance tant certains groupes mythiques peinent à sortir des concerts dignes. 1er constat d’avant match, les quadras et quinquas étaient venus se mêler à la jeunesse habituelle du festival. Pour un groupe de plus de 30 ans d’âge, il fallait s’en douter.
Mais rapidement, les doutes commencent à s’estomper. Les finales seront à la hauteur. Auxerre et Lorient ouvrent le score contre toute attente. Bernard Summer, sous ses faux airs de Jean-Marc Ayrault, affiche une réelle fraîcheur du haut de ses 56 ans. Le reste de l’équipe montre le même entrain à relever le défi. Setlist aux petits oignons, show lumineux et vidéos, la superbe Sucrière relookée en prend pour son grade. Ils étaient attendus et répondent présents. Montpellier et Paris aussi, ils égalisent.

Le public du stade dévoile un enthousiasme contenu mais peu importe car le spectacle sera long. Les spectateurs auxerrois décident de prolonger le suspens, retardant ainsi l’échéance du championnat. Les New Order, un brin coupables, promettent une soirée plus longue que leur dernier passage dans la ville : enfermés dans leur loge l’alcool avait eu raison d’eux et du concert, apparemment écourté et pitoyable. Dans le temps additionnel, c’est avec Transmission et Love Will Tear Us Appart, deux chefs d’œuvre de Joy Division, que le groupe rappelle l’origine de sa formation. Fin du match. Le public peut jubiler. Le Blue Monday sera montpelliérain, dans les cheveux de Loulou Nicollin plus précisément. Le blues du lundi sera lui du côté de Paris.
Vincent Carry, le directeur-fondateur des Nuits Sonores, avait cité New Order comme la meilleure raison d’assister à « son » festival. Malgré la grande qualité du reste, il n’avait peut-être pas tort. En tout cas, entre la dernière défaite de la saison à Gerland et la Sucrière, Lyon, et Gérard Collomb en tête, avait choisi son camp ce soir-là.
Crédits photos : Kevin Buy /et/ B-rob


