Chiffres de l’étude actualisés régulièrement.
Dernière actualisation : 06/05/2014.

Festivals français d’avril à septembre.

L’étude complète est téléchargeable
 via ce lien.

— L’illustration a été réalisée au moment de la publication initiale de l’article, le 02 avril 2014. A l’époque, Stromae était sur la troisième marche du podium. —

On le voyait venir depuis quelques mois au fil des annonces des festivals mais c’est désormais une certitude : Fauve arrive en tête des programmations des festivals français du printemps et de l’été. Il seront dans 23 festivals entre avril et septembre, dont quelques-uns des plus gros de l’Hexagone (Vieilles Charrues, Solidays, Francofolies, Printemps de Bourges, Garorock). A noter que le groupe fait l’impasse sur les deux gros festivals où les vieux frères s’étaient faits la main l’an passé : Les Eurockéennes et Rock en Seine. « On avait toujours l’habitude de jouer dans des bars ou dans des petits clubs quand on s’est retrouvés sur des scènes de festival comme les Eurocks ou Rock en Seine. Et même si c’était les plus petites scènes, pour nous elles étaient gigantesques. Certains d’entre nous n’avaient même pas prévu de jack assez long pour se déplacer. »

Derrière, on retrouve le duo Cats on Trees. La signature pop/rock de Tôt ou Tard vient chiper la deuxième place à deux mastodontes qu’on attendait évidemment dans ce top : Stromae et -M-. Nouveauté par rapport à l’an passé : les 20 artistes présents dans ce top des squatteurs sont tous francophones. Pour Kem, programmateur aux Eurocks, cette situation s’explique facilement :  « L’uniformisation des festivals se passe surtout pour les groupes francophones mais c’est tout à fait logique puisque ces groupes ont du mal à s’exporter. Et puis, si vous faisiez ce type d’étude sur l’Angleterre, je suis sûr que vous trouveriez des squatteurs anglais. »

A noter que contrairement aux deux années précédentes, un tourneur ressort largement de ce top des squatteurs : Auguri gère en effet un quart des 20 groupes du classement (Stromae, -M-, Hollyziz, Julien Doré et Yodelice). Les 15 autres artistes sont gérés par 10 tourneurs différents.

Parmi les 20 groupes de ce top 2014, trois étaient déjà dans les squatteurs de l’an passé : Skip the Use, -M- et La Rue Ketanou. Skip the Use est le seul groupe présent dans le classement depuis trois ans consécutifs. Pour Hedi Hassouna , programmateur au Rock dans tous ses Etats, « il y a des profils très différents dans ces squatteurs de festivals : ce n’est pas gênant qu’en 2013, Stuck in the Sound ou Lescop aient planté leurs tentes tout l’été. C’est même assez positif. En revanche, quand il s’agit des têtes d’affiche, quelques fois même d’une année sur l’autre, c’est plus embêtant. » A voir ces groupes enchaîner les dates estivales, on peut se demander si le public ne va pas saturer. Pour Hedi, la question ne se pose pas vraiment : « Le public des festivals a beaucoup évolué depuis 10 ans. Les cercles d’influence se sont resserrés et le public s’est régionalisé. On ne fait plus des centaines de kilomètres pour voir un artiste. A la limite on peut le faire pour une programmation dans sa globalité, une ambiance, un cadre…  Pour les vrais feignants ou les pressés, quelques festivals exhaustifs proposent la totalité des squatteurs en deux ou trois jours. Ça a un coté pratique et rassurant. »

— La carte ci-dessous a été réalisée au moment de la publication initiale de l’article, le 02 avril 2014. A l’époque, Stromae était sur la troisième marche du podium. —

Trois festivals accueilleront Fauve, Stromae et Cats On Tree : Les Francofolies, le Printemps de Bourges et les Papillons de Nuit. Bourges accueille même 9 des 20 squatteurs 2014, La Rochelle en accueillera 8. Mais logiquement, ce sont des événements de plus petite envergure qui se retrouvent avec un ratio squatteurs/nombre de groupes programmés le plus important. Pour Joran Le Corre de Wart (tourneur et organisateur de Panoramas) , « le nombre d’événements a considérablement augmenté en 10/15 ans. Du coup, c’est un peu la course à l’échalote pour s’en sortir et attirer des spectateurs. Et il est vrai que certaines têtes d’affiche fédèrent et assurent le remplissage. C’est indispensable pour survivre. Du coup, les festivals se distinguent plus les uns des autres avec les secondes lignes une fois les têtes d’affiche bookées. » Même son de cloche du côté d’Hedi (Rock dans tous ses Etats) : « Avec plus de 250 festivals estampillés musique actuelles, l’effet de masse accentue encore cette impression. C’est indéniable qu’il y a depuis 15 ans une uniformisation et surtout du déplacement de la ligne artistique de grands événements comme les Vieilles Charrues ou les Eurockéennes, et par l’appropriation des collectivités du phénomènes musiques actuelles. Le ville de Rouen, par exemple, décide cette année de créer un événement musical estival : il y a 15 ans, elle aurait programmé Johnny ou Yannick Noah. Aujourd’hui elle se place sur Metronomy et Skip The Use. » 

Se pose également la question des exclusivités pour les grosses pointures, aussi bien étrangères que françaises. Une contrainte souvent imposée par les festivals mais qui, selon Joran de chez Wart,  rejoint parfois les intérêts de tous : « Que le seul rendez-vous cet été pour voir Stromae en Bretagne soit les Vieilles Charrues, cela renforce la position du festival et crée une attractivité énorme sur la date. Là, l’exclusivité demandée me semble juste et bien vue. »

Stromae fait d’ailleurs figure d’OVNI dans ce top 20, constitué au final de groupes à la notoriété plus faible, notamment sur les réseaux sociaux : Fauve, -M- ou Julien Doré totalisent entre 200  000 et 300 000 fans Facebook, dix fois moins que les énormes têtes d’affiches annoncées sur les gros festivals de l’été : Arctic Monkeys  (5 millions de fans), The Black Keys (4 millions), Queens of the Stone Age (3 millions). Stromae, lui, boxe dans la même catégorie que ces pointures internationales, avec plus de  4,5 millions de fans, qui plus est très fortement concentrés sur la France. Pour Kem, programmateur des Eurockéennes, « un phénomène francophone comme Stromae, ce n’était plus arrivé depuis 30 ans !  » A tel point que, pour gagner en visibilité, nous avons préféré enlever les chiffres de l’artiste belge dans notre infographie sur le poids des squatteurs sur les réseaux sociaux.

Pour terminer cette étude, nous vous proposons de découvrir en détail les 199 festivals passés au crible cette année pour ce classement ainsi qu’une infographie sur la fréquentation des deux dernières éditions pour les 20 festivals français les plus importants.


Illustration principale : Florence Bergaut