En 2008, on avait découvert Ambroise Willaume, Christophe Musset et Jérémie Arcache, trois jeunes hommes avec une étiquette en forme d’étendard : pop de chambre. Entre les Beatles et Jean-Sebastien Bach, ils avaient clairement refusé de choisir. « Music for a while », le premier album qui en découle, un an plus tard, est une petite merveille de mélodies délicates, où deux guitares et un violoncelle épousent des chants à l’harmonie impeccable. Ainsi, par instants, ils honoraient à leur manière la mémoire de celui qui, avant tous les autres, les avait amenés jusqu’ici : Elliott Smith. La pop made in France trouve ses nouveaux princes.

Et puis vint la tournée et cette rencontre avec Maxime Garoute, un batteur qui allait d’abord dérouter, puis sublimer un trio peu expérimenté sur scène et qui ne demandait qu’à révéler son énergie rock. La pop quitte alors la chambre et envahit l’espace. Toujours se méfier d’une eau qui dort.

Au moment de penser à ce tant périlleux deuxième disque, un autre personnage va alors y apporter sa patte de bassiste : Pino Palladino, un vieux routier du circuit, au CV long comme le bras (Eric Clapton, David Gilmour, Simon & Garfunkel, Tears for Fears, etc).

Voilà Revolver parés pour confirmer sa mutation, avec « Let Go » (sorti la semaine passée), même si elle s’établit en douceur : les harmonies vocales restent le ciment du groupe, et continuent de planer au-dessus de la mêlée. Mais la palette s’est élargie et ne se cantonne pas aux évidents tubes radios. Elle est devenue électrique et résolument indie-rock. Ce nouveau ton, comme souvent, porte la marque de ces tournées sans fin où Revolver a découvert que ses chansons pouvaient aussi faire danser son public. Une vaste blague en 2006, quand ces trois-là ont décidé d’unir leurs dons.

Sourdoreille, Infoconcert, et Rue89 s’associent pour vous proposer le concert en direct de Revolver à la Maroquinerie, ce jeudi 22 mars, à 21h. pétantes. A retrouver également sur Première, les pages Facebook de Revolver, de la Maroquinerie, et de Je ne peux pas vivre sans musique. D’ici là, un peu de patience…

RETARD : MONTEE SUR SCENE A 21h15 !