Comment passe-t-on de « L’Idéal » à « L’amour, l’Argent, le Vent » sans vendre son âme au diable ? Eléments de réponse fournis dans le dernier album de Barbara Carlotti.

Dans le précédent opus de la Corse, Mademoiselle Opossum apportait cette rythmique pop souriante au texte amusant, dans un album joliment grave et profond. Occupe Toi de Moi prend le relais. Barbara Carlotti a réussi le pari de proposer une troisième copie dans la continuité de la deuxième, sans tomber dans un copier-coller. Avec un clin d’oeil évident aux musiques d’Asie et d’Amérique Latine.

Pour avoir énormément voyagé (Brésil, Inde, Japon…), Barbara Carlotti explique dans cette interview à France 24 que le nom de « L’amour, l’Argent, le Vent » provient de ses dernières expériences. Nous qui trouvions que cette appellation rappelait l’esprit d’une Françoise Sagan vivant entre casinos, Normandie et excès… Tout ce qui accentue le côté gentiment bobo de Carlotti, qu’on imagine plus bourgeois que bohème, mais toujours porté sur la mélodie.

Sauf que, justifie l’intéressée, le titre de l’album provient en partie d’un voyage à Rio de Janeiro. L’élégante blonde a été victime d’un « braquage très violent » qui aurait pu mal tourner. Si Sagan n’habite pas Carlotti, Barbara s’est sans conteste installée dans ses vocalises… Barbara, un prénom qui sied à ravir à cette dame qui chantait elle aussi Les Voyages.

La chanteuse corse propose un duo intéressant avec Philippe Katerine. Mon Dieu, Mon Amour plane – encore – sur des sonorités rares. Titre suave qui n’est pas sans rappeler la réalisation entre Dominique A et l’hirsute qui mange des bananes. Sans le côté blague ni ressemblance musicale, juste dans la manière de chanter. C’est sur la Grande Autoroute que la chanson française file à grands pas, même si ce titre – comme Nuit sans Lune et L’Avenir – sonne un peu trop grave. De ces titres un peu lourds à digérer. Ne passez, néanmoins, pas à côté.